Bibliothèque de février
Des livres pour réchauffer la braise.
J’ai la chance de travailler dans un espace partagé (du doux nom de Terrains Vagues) avec 26 autres travailleureuses de l’art, au sein duquel en plus du loyer, on décide de partager idées, pensées, techniques, repas, compétences, lectures et dramas. Il y a quelques mois, notre copine-collègue-camarade Virju a instauré un projet de mise en commun, qu’elle a nommé le Projet CDI, et j’ai très envie de vous le partager parce qu’il fait vraiment sens pour moi, que c’est un très bel outil collectif.
Le principe est simple: nous sommes toustes invité·es à proposer une sélection de livres sur un thème (ou pas), pour une période donnée, que chacun·e peut emprunter, commenter, le tout par écrit dans un carnet absolument fabuleux.
Le principe est simple, et pourtant précieux: se partager des lectures, apprendre à mieux se connaître par ce biais, s’informer chacun·e à son rythme, se faire confiance, et prendre le temps pour prendre le soin de ce partage. Choisir un thème, des livres, les laisser en libre accès, dire pourquoi on les a choisis, dire ce qu’on en a pensé lorsqu’on en a emprunté - ou pas.
Aujourd’hui, j’ai commencé ma semaine en apportant une sélection dans notre espace commun, et j’avais envie de la partager ici aussi. J’espère que Virju ne m’en voudra pas d’avoir transposé sur écran ce projet fait surtout d’encre et de papier. Avec mon stylo plume préféré, ce lundi matin, j’écris:
Pour cette sélection, je ne vous parlerais ni de typo ni de graphisme, mais de RESISTANCE. Car je crois que nous en avons grand besoin ces temps-ci. J’ai essayé de varier les genres et les formats en espérant que chacunə y trouve son compte.


Mes petits commentaires sont souvent peu exhaustifs, j’aime que les autres puissent plonger dans les livres pour qu’on échange ensuite.
Résister en BD
Jujitsufragettes, pour avoir envie de se battre, parce que les meufs sont badass et que la non-violence ne suffit pas toujours.
Non pas 1, mais 2 BD de Mirion Malle: Adieu Triste Amour et Clémence en Colère qui parlent de communautés, du besoin de faire ensemble, se retrouver ou se mettre de côté.
Résister en vers et en prose
Que ma mort apporte l’espoir (poèmes de Gaza), un recueil essentiel, fort, touchant. Tout est dans le titre.
Viendra le temps du feu, un de mes romans prefs inspiré d’un autre de mes romans prefs (Les Guérillères), qui nous fait rêver à un après chaleureux, puissant, plein d’amour et de solidarité.
Pour la joie (une ode à la résistance poétique et politique) est un recueil à dévorer sous la couette ou en buvant un café au soleil pour reprendre de l’énergie.
S’informer pour résister
Race, un essai très court et facile d’accès sur le racisme et l’importance des mots.
Vandalisme Queer, un ensemble de trois discours retranscrits, à propos de désobéissance, de chemins qui se tracent et de boîtes aux lettres qui se transforment en refuges pour oiseaux. Essentiel, qu’on soit queer ou non.
Révolutionnaires (récits pour une approche féministe de l’engagement), là aussi, tout est dans le titre. Ce recueil de témoignages fait beaucoup de bien.
Enfin, résister.
Résister, à lire absolument, ai-je besoin d’en dire plus? Lecture hyper rapide et essentielle.


Bonus, pour vous sur l’internet,
des livres que je ne possède pas pour les prêter matériellement, mais qui ont leur place dans cette sélection.
À mes frères (Anthologie de textes poétiques et politiques), Louise Michel.
Nous ne ferons pas marche arrière!, récits de luttes contre la frontière à Vintimille.
Robes d’intérieur et guerres, Maya Abu-Alhayyat.
Apprendre à transgresser, bell hooks.
Pour finir cette liste, j’ai envie de vous partager une recommandation musicale dans le même thème. Si vous suivez un peu l’actu pop-culture, vous ne serez pas passé·es à côté du Super Bowl dont le célèbre mid-term show était assuré par Bad Bunny, qui ne se cache pas d’être contre Trump et l’ICE. Mais j’ai surtout aimé le fait que le match soit inauguré par Green Day, avec Holiday / Boulevard of Broken Dreams / American Idiot. Est-ce qu’on pouvait imaginer plus subtil pour l’ouverture de l’événement le plus regardé aux États-Unis, et l’un des plus suivis dans le monde?


Bref, j’ai commencé ma journée en écoutant American Idiot (l’album entier) que j’écoutais beaucoup ado, et c’était bien. On a besoin de livres pour réchauffer la braise, mais aussi de musique pour nous électriser.


